A l’heure actuelle, nous sommes à Chom Thong, petite bourgade perdue à 60 km de Chiang Mai où nous avons passé quelques jours. Ici personne ou presque ne parle anglais, heureusement que nous avons des mains pour nous faire comprendre.
Comme ce n’est que le deuxieme mail commun, je vais vous faire une petit récapitulatif de ce que nous avons fait ces derniers jours.
On est partis de Bangkok mardi 5 juillet, en ayant préalablement refusé tout aide de la guest house, ils voulaient nous vendre un ticket de bus pour Ayuthaya à 200 baths par personne ce qui nous semblait beaucoup trop. On a bien fait d’ailleurs puisque l’on a tenté les transports classiques (soit un bon vieux bus public jusqu’au terminal gouvernemental) et nous en avons eu pour 50 baths. Le trajet fut rapide et ponctuel. Il faut vraiment oublier tout ce qui est fait pour les touristes ici.
Arrivé à Ayuthaya on a rencontré un couple de belges et une suisse-allemande qui étaient dans le même bus que nous (j’en savais rien j’ai dormi tout du long). On a préféré marcher jusqu’au centre ville car tout le monde nous donnait des distances contradictoires. En fait on était casiment dans le centre, en 10 min c’était réglé je suis sur qu’en tuk tuk on aurait fait le tour de la ville ! On a trouvé un très bon hotel avec une chambre pour 5 climatisée, autant vous dire que l’on a bien dormi ce soir la. La journée on a fait la visite de nombreux temples, tous très impressionnants bien qu’en ruines. On a fait les visites avec la fille suisse (gros débat sur l’orthographe de suissesse, suicesse, suissece ou swissess…). Peu de transports ont tenté de nous faire des grosses blagues sur les prix, cette manie semble circonscrite à Bangkok.
Le lendemain, mercredi donc, nous sommes partis en train pour Lopburi, très petite ville typique avec des singes en liberté. On y a vu un marché excellent, rempli de thais et tous les échanges avec la population locales ont été fructueux, plus ça va mieux c’est ! On a passé la journée à se balader et nous avons visité le musée de la ville. L’objectif était de prendre un train en 3ème classe pour Chiang Mai vers 17h afin d’arriver sur place dès l’aube. Manque de chance, nous avons étés devancés et nous nous sommes donc rabattus sur celui de 00h28. Pas question de payer une place dans un wagon climatisé, 6fois plus cher, pour se les cailler entre touristes. Par sécurité (surement excessive) nous avons fait des tour de garde pour dormir mais le trajet était très bien et l’on a pu admirer les paysages. Voyager en train du sud au nord de la Thailande c’est incomparable.
Jeudi midi, une fois sur place, on a réussi à trouver un bon endroit pour dormir, vraiment pas cher et surtout bien placé et propre. On a commencé par le centre ville puis on est rentrés à l’hotel pour préparer les jours suivants.
Vendredi matin on est partis tôt pour le Doi Suthep, temple en haut d’une montagne, l’un des endroit les plus sacrés de Thailande (pour les boudhistes soit 95 pourcent de la population). Un moine nous a « béni » avec un roseau et de l’eau avant de nouer à nos poignets un bracelet de bonne fortune. Une 15ène de fils blancs. Après avoir profité de la vue on est allés au palais royal (la résidence d’hiver). Et bien c’était loin d’être incroyable ! En route pour un temple boudhiste au nord de la ville on a été surpris par une énorme pluie de mousson. C’était juste au moment de sortir du tuktuk, on a bien paniqué avant de se rendre à l’évidence, on était trempés. Le temple était intéressant mais cela devait être une copie de celui de BodhGaya (en Inde, une ville où j’ai passé 3 semaines) et il était vraiment moins beau.
Samedi matin on est partis pour une communauté un peu isolé, 15km de route dans les montagnes. On est arrivé dans une petit village ou ils cultivaient le café. Pour le coup on a été directement transportés à la campagne. Personne ne parle anglais, pas de routes, une jolie vallée et une superbe vue sur les plaines de Chiang Mai. Je pense qu’il y a cent ans nos petit patelins devaient ressembler à ça : des champs, des gens tranquilles et des poules. On est rentrés plus tard que prévu à cause de la procession annuelle des étudiants de l’université, du coup on a pas pu aller voir les éléphants, on a reporté au lendemain. A la place, marché et massage traditionnel par des aveugles. C’était fou mais j’ai l’impression d’avoir payé pour me faire torturer 1h. Les masseurs étaient plus ou moins violent mais avec mes courbatures j’ai pris très cher. Il a également du croire que j’était une danseuse étoile parce que coller mes doigts de pied au niveau de mes omoplates avec tout son poid par dessus c’était too much. Guillaume a pas mal crié au début mais je crois bien qu’il en est ressorti le plus satisfait, Quentin déçu parce que le sien était trop mou, Julien un peu violenté aussi et François a lui aussi regretté une trop grande moleure.
Après une bonne nuit de sommeil on est partit au matin voir le show des éléphants et faire une petite balade de 30 minutes à dos de pachydermes. Très bonne expérience, c’est de loin l’animal avec le plus d’oreille sur lequel nous sommes montés jusqu’ici. On a pris un transport pour Chom Thong vers 14h ou nous allons passer la nuit avant de visiter le parc du Doi Ithanon. C’est le plus haut sommet de thailande avec un peu de chance on verra le sud.
Les rails ça déroute
Comme des Chicken Nuggets au Soleil
Les vieux articles de ce blog commençaient à se sentir bien seuls, mais bon, quand on a passé un an à l’étranger, difficile de ne pas attraper la bougeotte. Et quand on a des amis motivés, on monte carrément un voyage d’un mois pour l’Asie, à 5, si possible vers l’inconnu. Après avoir hésité avec le sud de l’Inde, nous avons porté notre dévolu sur la Thaïlande. Voyager vers le futur fut décisif dans la décision. Oui en Thaïlande on est en 2554. Genre la j’ai un yaourt qui va périmer bien après la disparition de la race humaine. On y a aussi développé un langage tout particulier, mais on ne pige rien, il aurait fallu faire des cours pendant un an je pense. A l’écrit, à l’oral ou par geste, on arrive toujours à se faire comprendre et c’est bien ça qui compte.
Alors que dire : dépaysant, fatigant, dur, insolite. Je pense que c’est un mélange de tout ça. On a dormi environ 25h depuis que l’on a quitté la terre malouine mais pour l’instant pas de pépin à déplorer. Oui 25 heures en une semaine c’est peu, mais on a pas choisi de voyager pour passe son temps à dormir sur la plage.
Ici il fait jour de 6h a 18h30, et ça fait bizarre. Mis a part la chaleur et le décalage horaire, on n’as pas eu trop de mal à s’adapter. Bon quand même, il faut l’avouer, le périple entre Saint Malo et Bangkok à duré 48h et c’est vraiment pas là que l’on a pu dormir. On est arrivés a Stanted comme sur des roulettes, on avait déjà booké le bus pour le centre donc on est arrives très rapidement et confortablement sur Baker Street. On est partis a pied pour rejoindre Hyde Park où l’on a mangé un bon casse croûte maison, avec un concert LIVE des Black Eyed Peace en fond. Enfin surtout les basses.
On est arrives a l’aéroport vers 00h après 2h dans le métro, mais bon attendre là ou ailleurs ça change rien.
L’endroit était bien vide, on s’est couchés par terre dans un coin. Mis a part julien, qui dors bien par terre, on a fait 1h ou 2h de sommeil a même le carrelage. Vers 5h l’aéroport s’est lentement réveillé, nous aussi, et on a lâché Quentin et Guillaume vers 9h. Bon la déjà s’était dur, François Julien et moi nous apprêtions a passer 12h dans le hall. On a joue à tous les jeux que l’on connaît, tarot, perudo, mots fléchés, cacho.. Très longue journée. Vers 20h on s’est séparés : Julien dans une gate et François et moi dans une autre. Vol paisible, avions corrects, sommeil difficile. 2h encore, sauf Julien on sen doute !
On s’est retrouves donc en Thaïlande tout les 3, sachant que nos deux autres acolytes avaient trouve une chambre d’hôtel sympa. On est partis en Skytrain + taxi pour Soi Rambutri, la rue supposée des retrouvailles, et par chance ça n’a pas manque. Les deux gaillards étaient tranquillement en terrasse et on les a vus a 1m de nous dans le taxi. Hôtel sommaire, excentré du quartier touristique pour des raisons de prix, de bruit, et de blancs partout. Un matelas, un fenêtre, un ventilo, le confort ça tient à rien. Ah oui, la chaleur est violente. 35/40 au soleil et bien humide.
Le premier jour à Bangkok fut l’occasion de se faire des armes pour se débattre dans la véritable JUNGLE thaïlandaise : on est des gros pigeons et il faut vraiment jouer des coudes et redoubler de vigilance si l’on veut payer un prix ne serait ce que vaguement proche de la vérité. Enfin bon, on vous raconteras mais après quelques rencontre on a vite appris a dire NON, a regarder en l’air et a fuir.
Mais a part au sujet des prix et des rabattages somme toute classique, nos vies ne sont pas du tout en danger. C’est assez safe et tranquille, les mensonges n’ont jamais tué personne.
On a visite des temples excellentissimes, des rues asiatiques a souhait sous un soleil de plomb. On a même mangé au marché. En une journée on a réussi a prendre le bus, le taxi et le tuk tuk. Il y en a pour tout les goûts !
La Thaïlande ne ressemble pas a ce que l’on connaît, peu de repères, très dur de ne pouvoir ni comprendre, ni lire ! Cela ne nous empêche pas d’épater les autoctones a grands coups de Taolay Krap, Sawat di Khrap, kom khum krap, sabaidi ru et autre insultes polonaises (redoutables) si la situation est trop pressante.
La bouffe est bien bonne, on fait attention mais pas encore de coulante. :0
Sinon bien sur on pense a vous tous et toutes, on vous fait des photos et des reportages vidéo du tonnerre. Les livres ne suffiront plus, il faudra faire un film !!
On file manger des criquets grillés en brochette dans le centre et demain on se lève tot pour aller a ayuthaya, haut lieu du temple en tout genre. Ne croyez pas que lon fait rien de culturel !!
La tête de Puma : notre périple estival.
Certains l’ont demandé, nous l’avons fait ! Voici la carte et le récit fictif et prévisionnel de notre périple de Juin et Juillet 2010.
Afficher Périple Cécile et Johann sur une carte plus grande
Départ le 2 juin de Cochabamba, direction La Paz ou nous ne séjournerons pas. Nous prendrons dès l’arrivée un bus pour Copacabana, petite ville balnéaire ou il fait bon se prélasser sur les rives du lac Titicaca. Nous en profiterons pour fêter les 21 ans de Johann sur l’île du Soleil, ou bien celle de la Lune. Nous resterons profiter de ses vacances au Soleil (mais en plein hiver et à 3600m d’altitude) pendant quelques jours, jusqu’au 5 ou 6 juin, en attendant qu’Adrien nous rejoigne. Dès que ce sera fait, nous lui feront une visite express des lieux connus de notre poche et nous irons prendre un bus pour Sucre, avec escale, ou pas, à La Paz.
Arrivée à Sucre dans la matinée du 8 à peu près, nous profiterons d’une belle visite de la ville pour aller dire bonjours aux charmants boliviens qui nous avaient accueillis chez eux début avril. Après une bonne nuit de repos et une journée bien remplie, nous prendrons un bus pour Potosi puis Uyuni ou nous chercherons une bonne agence pour visiter le Salar et le sud-ouest de la Bolivie. Lacs rouges, verts, turquoise ou ocre à l’horizon ainsi que multiples étendues de sel et de nombreux volcans de plus de 6000m d’altitude. Un choc visuel. Imaginez du bleu en haut et du blanc en bas avec pour guise d’horizon un dégradé du bleu au blanc. Certains disent que c’est comme rouler en plein ciel, l’humidité du sol reflétant les quelques nuages de beau temps.
Arrivée de l’expédition à Tupiza, petite ville que l’on visitera pour ensuite nous rendre dans les belles montagnes de la région de Tarija, à une centaine de kilomètres vers le sud-est. Nous y ferons du cheval, si le temps nous le permet, et nous irons randonner un peu. Préparation physique pour le grand bus vers le Paraguay, et préparation psychologique pour la sortie de Bolivie, étape assurément douloureuse, car irréversible, malheureusement. Nous arriverons à Asunción, capitale du Paraguay, aux alentours du 18 si tout vas bien, nous avons quelques jours de marge. Nous nous baladerons dans les ruelles atypiques de cette grande ville et profiterons de notre richesse. Un euro valant plus de six mille guaranis, les roupies paraguayennes, nous serons riches, très riches. Après avoir pris un bon repas dans un restaurant classé, nous irons retrouver nos habits de gueux pour chercher un bus vers les chutes d’Iguaçu, les plus belles chutes du monde à ce que l’on dit. Nous irons au carrefour des trois frontières (Argentine, Paraguay et Brésil) pour la photo souvenir avec les trombes d’eau vrombissantes en arrière plan. D’ailleurs, vu le bruit, faudrait presque prendre une vidéo souvenir. Après ces derniers cocktails partagés dans la jungle environnante (oui les jardiniers ont du travail en retard ici), nous nous séparerons, Cécile et moi partant vers l’est, Adrien remontant vers les nord-est et les plaines Boliviennes.
Notre bus nous emmènera directement à Sao Paulo, la ou tout à commencé, pour récupérer deux bretons plus connus sous les noms de Quentin et Julien, camarades plus qu’attendus pour traverser l’Amazonie, Manger créole sur le Machu Pichu, arroser le désert de l’Atacama ou encore gravir à main nue les plus hauts sommets. Après quelques minutes de retrouvailles assurément émouvantes, et après avoir partagé une boite de pâté Hénaff sur le tarmac de chez TAM (ils nous connaissent, ils seront conciliants), nous irons directement prendre un bus pour Cuiaba, sur la route de Porto Velho, que nous atteindrons respectivement après une trentaine puis une soixantaine d’heures de bus cumulées dans la forêt amazonienne. La bas nous attendent pirogues, cocktails et parasols, package vendu avec moustiques, moustiquaire et humidité, et nous nous reposerons peut être de la première partie de notre périple. Nous écouterons la BO d’Into the Wild en plein milieu de la forêt, ça c’est pour frimer. Après ça nous devrions prendre un bus pour Rio Branco, qui nous servira d’étape avant le passage de la frontière péruvienne. Nous devrions atteindre Cuzco, le nombril du monde, aux alentours du 2 juillet, après avoir serpenté sur plusieurs milliers de kilomètres dans la forêt et les montagnes. Nous visiterons la ville et nous irons rapidement faire le Machu Pichu, citée mystique, magique, miraculée et certainement magnifique. Nous rentrerons sur Cuzco après ce qui sera certainement une des plus longues randonnées de ce mois de Juillet. Nous tâcherons d’acheter de la coca pour ne perdre personne dans les vertiges de l’altitude.
Ceci fait, nous irons à Juliaca, ville aux abords du lac Titicaca, visiter, qui sait, le parc national du Lac Titicaca. Après une bonne journée à nous ressourcer nous irons flâner dans les ruelles blanches et propres d’Arequipa, deuxième plus belle ville Péruvienne, après Cuzco, à ce que l’on dit. Ceci sera notre dernière étape Péruvienne, normalement, et notre point de départ pour le Chili, les plages Pacifiques et le désert de l’Atacama. Nous traverserons de haut en bas toute la partie nord du Chili en commençant par Arica, ville ou il pleut 8 millimètres de pluie par an. Nous nous rendrons de plages en plages jusqu’à Iquique, toujours sur la côte Pacifique avant de dire au revoir à l’océan. Nous nous enfoncerons dans le désert pour rallier les geysers de Calama, l’arridité de San Pedro de Atacama et la salinité des lacs de sel. Après s’être diverti, nous irons directement dans les montagnes pour descendre dans la vallée de Salta, en Argentine, vers les meilleurs steaks du monde et au-delà. Nous aurons le temps de visiter quelques cimetières incas, des belles vallées colorées et de nombreux restaurants à viande bovine. Lorsque nous serons las de Salta, nous irons directement au Paraguay, sauf si nous décidons de louer une voiture jusqu’à San Miguel de Tucuman, charmante grande ville que l’on pourrait visiter.
Après cela, direction la frontière Paraguayenne et les milles missions jésuites encore bien conservées. Nous souhaiterons l’anniversaire à Cécile, le 21 juillet, ou bon lui semblera. Plusieurs options s’offrent à elle : de la jungle et des lacs, ainsi que la ville d’Encarnacion, au Paraguay. Après cette soirée nous remonterons la route des missions jésuites pour nous rendre à Foz do Iguaçu, les chutes les plus belles du monde, afin de terminer une visite entamée au mois de juin. Ces dernières chutes seront signe de départ car nous irons rapidement prendre un bus pour Sao Paulo, le 25 juillet au soir, afin d’être à l’heure pour l’avion de Cécile qui se paye le luxe de partir la première le 26 juillet au soir. Quentin, Julien et moi devrons attendre un jour de plus avant de nous envoler pour un continent qui nous sera probablement étranger.
Tu vas où ? Au Pérou !
Après 3 mois passés à Cochabamba, l’appel de la route s’est fait trop fort. Presque terrassés par l’envie de bouger nous avons organisé une petit échange en bonne et due forme. Ce qui est bien avec cette année de mobilité, c’est que l’on a des amis Toulousains un peu partout disséminés sur le continent. On a donc décidé d’aller faire un tour chez Laure (Piscosoul) fin avril tandis que la demoiselle viendrait chez nous la semaine précédente. Bien sur il n’y avait pas que ça, l’immigration nous aurait vus d’un très mauvais œil si nous restions une semaine de plus en Bolivie. Oui nous avons eu des problèmes avec l’immigration, c’est vraiment très énervant de travailler bénévolement dans un pays qui veut te faire payer 250€ ton visa mensuel, et qui t’oblige à acheter un visa mensuel pour remplir les formulaires d’un visa annuel. Oui c’est révoltant, nous on aime plus l’immigration. Enfin celle de Cochabamba surtout, parce qu’à la frontière Péruvienne, que l’on a traversé dans le sens sud-est / nord-ouest, ils sont beaucoup plus sympa. D’ailleurs le visa Bolivien d’un mois coûte trois fois moins cher au Pérou. Enfin bon trêve de trollerie, on râlera contre notre pays d’accueil ailleurs qu’ici.
Donc après avoir accueilli Laure une bonne semaine, ainsi que sa copine Vera, que nous saluons, et d’autres amis routard, nous nous sommes mis en route pour le Pérou. Après un plus que traditionnel épisode de Friends, nous avons rejoint la gare routière pour un départ encore aléatoire vers 22h. On a pris le premier bus pour La Paz, par chance, c’était un bus semi cama (comprenez un bus du même type que celui qui nous emmenait à la piscine quand on était petit. Semi cama ça doit être la traduction de siège) et j’ai vachement bien dormi. Allez savoir pourquoi, j’adore m’endormir dans un endroit et me réveiller dans un autre. Le voyage s’est passé tranquillement jusqu’à la Paz ou on caillé comme des pingouins ! C’était phénoménal, mais l’architecture et la disposition incongrue de cette ville immense qui remplit toute une cuvette dans l’altiplano nous a bien changé les idées. Des monts alambiqués et incroyables surgissaient de tous les bords de l’évier, et nous avons vite fait d’y monter pour voir un peu la chose. La cordillère des Andes ou du moins une chaîne de hautes montagnes barraient l’horizon tandis que quelques cerros isolés s’accrochaient à nos yeux avides de neige et de paysages. Oui, une ville comme ça, ça impose le respect. On a chopé un taxi pas trop cher qui nous a emmené tout les 4 (Laure, Vera, Cécile et moi) vers Desaguadero à la frontière Péruvienne. L’objectif était d’arriver pour l’ouverture du poste frontière afin d’obtenir notre tampon de sortie du territoire Bolivien! On est même arrivés en avance, la ville est bien moche mais le lac envoie du rêve ! Excellent endroit tout en magnificence ! On a récupéré un combi jusqu’à Puno, ou l’on a pris un bus peu cher. La compagnie POWER nous a semblé parfaite, une quinzaine de soles (30 bolivianos / 3€) pour aller jusqu’à Cuzco, notre destination finale. C’était un très bon choix mais nous avons du descendre du bus pour des raisons de sécurité après avoir heurté un muret, perdu la soute arrière, essuyé une fuite d’huile et étouffé une fumée émanant du moteur. On a donc fini en Combi ! Cuzco c’est une superbe ville toute en longueur précédée par une banlieue qui ressemble aux banlieues d’ici même si ce n’est pas un terme approprié. Les quartiers populaires de Cuzco, appelons les comme ça, sont sales et pauvres et le contraste est d’autant plus saisissant lorsque l’on arrive dans le centre de la ville qui est propre, mignon et animé. La grande plaza de armas est splendide et les églises sont incroyables. Il y en a beaucoup. On a commencé la semaine par une visite du centre et l’achat du Billet Touristique qui donne accès pour une somme modique (presque) à toutes les ruines et musées des alentours. Adrien nous a rejoint le lundi soir, prêt à visiter toute la vallée sacrée sur ses béquilles bon marché ! Johann me laisse donc toute la semaine de Cuzco entre les mains a vous raconter. Rien que ça. Une fois Adrien sur place, l´expédition a enfin pu commencer! Nous étions ultra motives, l´idée même d´être dans un nouveau pays, dans une ville mythique anciennement siège des Incas et assiégée brutalement par les espagnols, ça fait frisonner. La ville entière porte en elle les traces de cette sanglante confrontation, un véritable choc des cultures. Par contre, la version contemporaine de Cuzco, c´est celle de milliers de touristes qui y affluent,en pèlerinage pour le célèbre Machu Picchu. Le tourisme y est florissant, et par florissant je parle de centaines de boutiques a souvenirs, de propositions de massages et manucures a chaque coin de rue, un vrai traitement fait sur mesure pour les gringos, avec le prix spécial gringos qui va avec, bien sur! Venant de la paisible et anonyme ville de Cochabamba, ce fut assez étrange d´être ramenés a ce statut de touristes qui nous dérange tant, préférant être de simples passants par ces routes, sans étiquette ou traitement de différence. Mais une fois cette impression passée, on s´habitue aux propositions de massage, et j´ai même fini par y céder.. Une heure de « full body massage » pour 5 euros, c´est imbattable, les mecs en bavent encore d´envie. Bref, une fois notre « boleto turistico » en main, la ville de Cuzco s´offrait a nous. Des musées et des ruines au planning. C´est pas très vendeur dit comme ça. Les musées étaient assez intéressants, musée d´art contemporain, musée d´histoire et musée en tout genre ont été foulés par nos pieds enthousiastes. Mais nous, on voulait bouger! On est donc partis a l´assaut des ruines. Il en existe a 20 minutes de la ville : Tambomachay, Pukapukara, Q´enqo, Saqsayhuaman.. Ces ruines sont d´une taille assez réduite, anecdotique même, mais pour une première approche, ça fait son effet. En plein milieu de la « campagne » péruvienne, elles offrent une vue imprenable sur des milliers de vallées et montagnes verdoyantes, vraiment sublime. Le temps y passe a une vitesse indescriptible, lentement mais en accord avec un rythme qui nous dépasse. Comment vous dire, on se sent en accord avec la terre, avec l´histoire, la culture inca entoure tout et l´enveloppe de mysticisme. On est censés être la, c´est notre route. La « Pacha mama » (la terre mère), c´est ainsi que l´appelaient les incas, est le plus beau des décors. Impossible d´expliquer ou de détailler ces ruines, les photos parleront mieux que moi. Juste le souvenir persistant d´une grotte cachée et fermée, mais que le hasard nous a permis de visiter, avec un guide plein de charisme. Dans cette sombre grotte se déroulaient les processions et les offrandes, une large table taillée dans la roche et illuminée par un minuscule trou laissant entrer la lumière nous attendait. Impossible a nouveau de raconter ce que l´on a ressenti en y étant, le même endroit ou 500 ans plus tôt se déroulaient les offrandes (attention, le guide se fâche si on prononce le mot sacrifice) d´enfants et de lamas. Imaginez un peu. Pour la petite histoire, les enfants étaient choisis parmi la noblesse péruvienne, la crème de la crème, puis ils marchaient de Cuzco jusqu’à´a la grotte, trajet pendant lequel toute la population les remerciait et surtout les félicitait d´être les élus: « bien heureux toi qui a la chance de retourner a la Pacha Mama ». Une fois arrivés au lieu final, les enfants buvaient toutes sortes de breuvages ainsi que de la chicha, et une fois qu´ils s´endormaient, saouls forcement, ils étaient enterrés vivants. La chute de cette histoire est exceptionnelle. Les ruines plus lointaines se situaient a une heure ou deux de Cuzco: Moray, Ollantaytambo ou débute la Vallée Sacrée ou encore Pisac, ah Pisac.. La découverte de cette ruine nous a captivés pendant toute une journée, encore une fois, les photos parleront mieux que moi. Une fière citadelle s´y dresse sur une vallée composée de cultures multicolores en escalier. Les chemins instables y sont arpentés par quelques touristes, mais on ne les voit même pas, sauf quand ils se retournent yeux exorbités sur le passage d´Adrien en béquilles, bien sur. Au loin, on aperçoit d´autres ruines, alors on se décide a marcher, monter, descendre, on est a 3600 mètres d´altitude, je patine.. Mais Johann est notre éclaireur, il porte même nos affaires ce jour la et motive chacun de nos pas par des petits trailers de ce qui nous attend après le virage. Au final, on aura parcouru tout ce qu´il y avait a parcourir a Pisac, en s´offrant même le luxe de se poser a la fin sous la pluie, hissés sur nos montagnes, la vallée a nos pieds. Parfait. Une fois nos journées bouclées, on rentrait sur Cuzco le soir, retrouver notre Laurette enfin délivrée de ses occupations professionnelles. La ville de Cuzco est une ville faite pour sortir, les bars sont innombrables, les propositions de « free drinks » aussi. Les soirées furent nombreuses mais si je devais n´en citer que quelques unes je vous parlerais des cours de salsa a l´Inca Team, des Pisco Sour a Kilometre O, d´un dîner gastronomique préparé avec une certaine folie du détail et des grandeurs qui aurait ravi Antoine, des virées endiablées de Laure et JohannCapitale au sens propre, l’immaculée Sucre.
6h15, vendredi saint. Arrivée tranquille dans une ville encore endolorie (ou serait-ce nous ?) par la fraîche nuit. Deux heures de sommeil chacun au compteur, peu mangé, facilement irritables mais tout deux excités et curieux. Sucre s’étend devant, dessous et au dessus de nous. Fière petite ville au milieu d’une vallée bordée de montagnes, fière petite capitale qui résiste depuis toujours à l’importance de La Paz, plus grande, plus bruyante, plus sale et plus célèbre. C’est ici que fut déclarée l’indépendance, dans la Casa de la Libertad, et pour cette raison elle reste capitale constitutionnelle (et donc officielle) de ce pays. L’attente, dans la hall du terminal de bus, s’éternise. Il faut dire que nous avions prévus d’arriver vers 8h, tranquillement, et d’être accueillis par Roxy, notre contact sur place. Du coup, plutôt que de s’ennuyer, nous avons pris la décision de commencer la visite du centre en cette heure matinale. On a pris un taxi pour la place du 25 mai, point de départ obligé et évident.
Premier constat, c’est réellement magnifique. La ville est posée sur plusieurs petites collines offrant un relief surprenant et des dénivelés importants. La place est une couronne posée sur un joyau. Une couronne sertie de bâtiments blancs aux façades travaillées, surmontées d’emblèmes colorées, de drapeaux flottants souplement au gré du vent et garnie avec précision de pelouses, parterres et palmiers. En quelques secondes, nous tombons tout les deux sous le charme de cette ville incroyable, sans la connaitre vraiment nous nous y sentons chez nous. On continue notre exploration en arpentant les rues adjacentes à la place principale, nous éloignant de plus en plus de notre point de départ. Quelques minutes après avoir découvert la place « Cochabamba », nous rejoignons le père de Roxy qui nous conduira à la maison. Nous avons été réellement bien accueillis, c’était très agréable de rencontrer des Boliviens et de vivre avec eux pour quelques temps. Après s’être un peu reposé, nous repartons à la découverte des églises et des couvents, des musées et des petites places charmantes. Comme c’est vendredi saint, nous avons même eu le droit à une grande messe en plein air, sur la place centrale. La nuit étant plus fraîche, nous sommes rentrés tôt. Samedi promettait d’être une journée remplie.
Dès les premières lueurs de 9h30, nous nous sommes rendus dans le centre pour attraper un Dino-Truck. Non ce n’est pas une espèce d’Iguane en voie de disparition, c’est le transport pour le site paléontologique de l’Usine Fancesa. Un genre de camion avec une tête de dinosaure devant. Malheureusement, on est arrivé un peu trop tard pour prendre celui du matin, on ressaiera l’après-midi. Comme on était à côté on s’est dirigé vers la Casa de la Libertad. Une superbe maison où, si vous suivez, a été signé l’acte d’indépendance de la Bolivie. Visite intéressante mais on a raté le guide de peu, du coup on a fait ça de notre côté. Chacun de notre côté suite a un petit différent. Après ça on est allé constater la fermeture de l’Eglise de la Merced dans laquelle on plaçait beaucoup d’espoir, on ressaiera. La musée du textile et de l’art ethnographique nous a beaucoup intéressés. Y’avait des vêtements de toutes formes et des beaux objets. On en demandait pas tant ! Plus tard, après avoir rempli nos estomacs, nous avons embarqué à bord du véhicule au si bon goût : le terrible Dino-Truck, vestige d’une époque ensevelie à jamais. Cette expérience psychédélique ne nous a pas laissés indemnes, comme en témoignent les photos de cette aventure en dehors du temps et de l’espace. Nous avons beaucoup aimé d’ailleurs, c’était intéressant de voir autant d’empreintes de dinosaures. Promis, je ne nierai plus leur existence en soirée. Cette journée était bien chargée, je vous l’ai dit. D’ailleurs, tant que j’y pense, elle n’est pas terminée ! Après ces péripéties, nous sommes allés au couvent San Felipe Neri. Ce fut de loin la visite la plus marquante de notre séjour à Sucre. Nous avons eu l’occasion d’aller sur les toits de ce magnifique couvent d’une blancheur et d’une précision exceptionnelle. On y avait une vue splendide sur toute la ville, dans une calme et une quiétude digne du balcon de Dieu. Nous étions aux premières loges. Les photos seront plus bavardes que moi. Nous sommes rentrés éreintés mais contents.
Après une bonne grosse tranche de sommeil, on a bien trainé dans la maison. Aujourd’hui, c’est les élections et ici on ne rigole pas avec ça ! Parce que déjà c’est obligatoire : celui qui ne se présente pas pour voter doit payer une amende plutôt chère. Parce qu’aucun véhicule ne peut circuler dans la ville, exception faite aux vélos et aux motos. Parce qu’aussi tout est fermé, sauf les bureaux de vote. On est donc allé voter avec la famille, occasion pour nous de vivre avec émotion un instant démocratique. On a invité tout le monde à manger dans une belle pizzeria sur la place du 25 mai, puis on s’est un peu baladé pour digérer et profiter de cette journée ensoleillée du mieux possible. On a fini par regarder différents films toute l’après-midi avant de monter sur la terrasse pour admirer el atardecer, ou le tomber du jour comme on dit chez vous. Les lumières de Sucre nous tournent encore la tête. Ah oui, je ne vous ai pas encore dit, le samedi soir, avant de rentrer, on est allé réserver une ballade à cheval pour le lundi. Une petite excursion qui nous tenait à cœur car ni Cécile ni moi n’avons beaucoup d’expérience en matière d’équitation (enfin moi j’en ai pas du tout et Cécile n’a amené que les souvenirs d’une traumatisante expérience mexicaine) et c’était donc une belle occasion de bien se marrer. On s’est donc couchés tout excités par l’aventure du lendemain.
On s’est retrouvé devant une dizaine de chevaux sans avoir le temps de dire ouf. Nous avons rejoint un groupe composé de Danois, d’allemands, de hollandais et de nous. Notre guide à tous, Jésus, avait un cheval blanc, ça m’a bien rassuré. Mon cheval à moi devait avoir passé une sale nuit à en juger par son œil terne et faiblement conscient et son petit déjeuner s’accrochait avec violence à sa crinière et à toutes les parties inutiles de son visage. Il m’a tout de suite semblé sympathique. Comme vous pouvez en juger sur les photos, Cécile était tout fière sur son cheval noir mais ça ne va pas durer. Non, ne vous faites pas de fausse joie, ni elle ni moi ne sommes tombés, mais on va dire qu’elle n’a pas été super bien accueillie par sa monture lvl 60. Voyons voyons, par ou commencer ? On est tous partis tranquillement pour nous habituer à nos nouveaux moyens de transport. C’est excellent d’ailleurs, pas besoin d’éviter les rochers comme en voiture, le cheval le fait tout seul, pas besoin de station service, le cheval mange n’importe quoi, pas besoin de crier, il suit les autres chevaux. Franchement, c’est un moyen de transport futuriste pour riches feignants. Cécile et sa monture ont rapidement remonté tout le peloton pour se greffer au groupe de tête ou je tenais encore la corde. Mon cheval les a accueillis en étalant une partie de son petit déjeuner sur le pantalon de Cécile. J’ai trouvé ça gentil, elle a moins apprécié. Quelques minutes après, tout s’est précipité, on a commencé à trotter !
Bon, le trot, ça détruit toute trace de vie dans l’entrejambe, mais une fois la douleur passé, c’est bien agréable. Les rebonds chaotiques et répétés, les accélérations brutales et le vent qui emporte des restes de petit déjeuner sur ton visage. Une sensation complète et revitalisante. C’est la que Cécile s’est rendue compte qu’elle n’avait pas vraiment de selle sur son cheval et elle n’a pas pu trotter au risque de se retrouver les 4 fers en l’air. L’expression est de circonstance. En fait c’est la qu’elle s’est rendue compte que son cheval était fou, avec des envies de meurtres décuplées par une grosse frustration due à son impossibilité de trotter et de rejoindre le leader du groupe. Le mien n’avait pas de telles préoccupations. On a continué comme ça jusqu’au pique-nique, moment où la frustration de la monture de Cécile a pris le dessus et l’a conduit à s’arrêter sous un arbre, entrainant de fait l’arrêt de Cécile dans un arbre, un épineux bien dense qui a lacéré une partie de ses bras pendant que son cheval laissait échapper un rire machiavélique. Après avoir réussie à quitter son petit protégé, Cécile a décidé d’échanger de cheval avec une autre personne. Elle a d’ailleurs réussie ce qui fait que la deuxième partie de la randonnée s’est merveilleusement bien passée. Mais vous serez quand même contents d’apprendre que la fille qui a héritée de la bête noire de Cécile a été éjectée de la selle pendant un passage au grand galop. Cécile aurait pu être à sa place, le pire a été évité. On a finit par une visite d’une petite chicheria, classique pour nous, et la petite grand-mère qui nous a accueillis était charmante.
On est rentrés sur Sucre en truffi, bien fatigués. Visite de l’église de la Merced, bien bel endroit avec un joli toit mais rien d’exceptionnel pour nos yeux profanes, puis retour à la maison. Je suis ressorti manger à la Taverne, restaurant français charmant, pendant que Cécile se reposait, un peu malade (surement un truc que son premier cheval lui a passé).
Mardi matin on est repartis tant bien que mal, tout courbaturés, pour l’exploration de la ville. Visite du Musée de la Cathédrale de la Vierge de Guadalupe. Une peinture recouverte d’or, d’argent, d’émeraudes, de rubis et de toutes sortes de pierre donc la valeur permettrait de rembourser la dette du Brésil. Visite également du marché, on a bu de bons jus de fruits et profité de l’ambiance animée de cet endroit stratégique. L’après midi on a essayé de rentrer dans la cour de justice mais l’accès nous a été refusé, nous n’avions pourtant aucune arme a feu sur nous. Voila pour la dernière journée de Cécile à Sucre, je suis quant à moi resté une journée de plus que j’ai consacré à l’écriture pour le blog, le repos et la visite du cimetière. Une voiture de Mano A Mano Bolivia est venue me récupérer jeudi matin, avec 45 minutes de retard mais ce n’était pas bien grave. Direction les communautés, l’inconnu, la route, l’infini et au-delà !












